le petit princei

image prise sur internet

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Introduction.


Bonjour les amis.
Il y a quelques temps en arrière, en faisant un peu de rangement chez moi (ça occupe lorsqu’il fait mauvais temps ), je suis tombé sur une vieille cassette audio du regretté Gérard Philippe où il avait enregistré (en 1954) une adaptation du livre de Antoine de Saint-Exupéry : Le petit prince…. Je l’ai souvent écouté cette cassette, et bien que Mr de Saint-Exupéry n’était pas un amateur d’astronomie, je pense qu’il devait souvent lever les yeux au ciel pour admirer les étoiles. Alors en observant la Rose de Caroline, j’ai pensé à lui….. à la rose unique du petit prince et du coup je rédige ce compte-rendu (avec quelques extraits du Petit prince) en hommage à cet écrivain qui m’a tant fait rêver…


« s’il vous arrive de passer par là, je vous en supplie, ne vous pressez pas, attendez un peu juste sous l’étoile ! Si alors un enfant vient à vous, s’il rit, s’il a des cheveux d’or, s’il ne répond pas quand on l’interroge, vous devinerez bien qui il est. Alors soyez gentils ! Ne me laissez pas tellement triste :écrivez-moi vite qu’il est revenu… »
Je crois que je le rencontre quelques fois lorsque je suis seul sous un ciel étoilé, il me parle de sa Rose et il m'a indiqué où elle était ….. 
Enfin, je dédicace ce compte-rendu à deux autres personnes tout d’abord à Aurélie qui m’a appris à observer avec le cœur et ensuite à Cécile qui m’a fait découvrir La Rose de Caroline. En effet avant j’avais déjà observé NGC7789, un bel amas bien riche mais sans plus…..jusqu’au jour, je dirai plutôt une nuit à St-François de Sales où Lasilla à l’aide de Junior (Dobson350) m’a montré les subtilités de La Rose de Caroline, un instant magique qui restera gravé dans ma mémoire…….

 

 

La Rose de Caroline  . . (NGC7789)
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Il est 20h45 lorsque je suis installé sur l’esplanade de Cornât à St-Offenge-dessus, mon thermomètre affiche 4,5°C, l’air est très humide, le ciel est dégagé avec une bonne transparence, la  Voie Lactée visible sans être bien franche coupe le ciel d’Est en Ouest de Persée au Cygne.

« C'est doux, la nuit, de regarder le ciel, toutes les étoiles sont fleuries. »
Le ciel pétille d’étoiles, à l’Est Jupiter trône dans le Taureau, et là-haut en plein zénith, la belle Cassiopée a revêtue ses plus beaux bijoux
J’ai un objectif pour cette soirée, observer au plus profond La Rose de Caroline et lui consacrer un croquis.


« Si quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions et les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. Il se dit: «Ma fleur est là quelque part...».
Tout d’abord il faut la trouver, pour ça, je repère les deux plus fortes magnitudes qui forment le dernier segment du W de Cassiopée : Schedar (a Cas) et Caph (b Cas).
De Caph, je pars à angle droit en direction de l’Est (vers le Carré de Pegase) de la mi-distance qui sépare ces deux étoiles guide et dans mon trouveur point rouge, une très faible étoile apparait : Sigma Cassiopéia (s Cas), je passe ensuite au chercheur 8X50 et j’ai deux couples d’étoiles, l’un au Sud avec Sigma Cassiopéia et l’autre avec Rhô Cassiopéia (r Cas), pile poil entre ces deux couples, un très léger voile nébuleux apparait en vision décalé, c’est NGC7789 !
Je fais alors un rapide schéma du champ de mon chercheur dont voici la finalité une fois remis au propre par logiciel:


Dans le Hublot (Omégon 38mm soit 33X) je découvre un vaste amas très riche mais assez faible, il a quasiment un aspect nébuleux mais en restant logntemps dessus, je découvre une multitude d’étoiles très fines. En bordure de champ, j’aperçois les deux couples d’étoiles qui m’ont servies à localiser l’amas, à noter que Rhô Cassiopéia a une teinte jaune
Je passe ensuite au 30mm (41X) avec le Kepler, c’est tout de suite mieux, les deux couples d’étoiles sont à l’extrême bord du champ de l’oculaire, je commence à résoudre un peu l’amas, une petite coulée d’étoiles représentant la tige de la Rose apparait ainsi que quelques grappes mais c’est pas encore franc, la Rose reste en bouton

« Mais la fleur n’en finissait pas de se préparer à être belle, à l’abri de sa chambre verte. Elle choisissait avec soin ses couleurs. Elle s’habillait lentement, elle ajustait un à un ses pétales. Elle ne voulait pas sortir toute fripée comme les coquelicots. Elle ne voulait apparaître que dans le plein rayonnementde sa beauté. Eh ! oui. Elle était très coquette ! Sa toilette mystérieuse avait donc duré des jours et des jours »
Je pousse à 54X avec mon Axiom de 23mm….. Ayé, La Rose commence lentement à éclore, des arches de nébulosité surmontés de minuscules diamants forment les pétales de la fleur, le reste du champ est constellé d’étoiles blanches, fines, ponctuelles, le tout forme un ensemble homogène , mais je refuse d’en rester là….!


Je pousse alors à 96X avec mon Nagler de 13 (je n’irais pas plus loin car le champ du 9mm sera trop petit pour que la Rose puisse respirer convenablement )……. Je me laisse emporter, c’est féérique, je connaissais les galaxies spirales mais voilà que je découvre un amas ouvert spirale !  J’ai clairement 3 "bras" nébuleux représentant les pétales. Entre chaque grappe, il y a des zones noires dépourvues de nébulosité. Sur le bas à droite dans mon oculaire, une chaine d’étoiles plus lumineuse que les autres et surmontés de nébulosité forme des arabesques, c’est la fameuse tige, je note même trois étoiles formant une feuille ou une épine.
Il est presque 22h00, je décide alors de lui consacrer un croquis, je sors tout mon matériel à dessin et je retourne à l’oculaire…. Mais rien, plus une étoile apparait, je lève les yeux au ciel….. Damnation, un couvercle de brume s’est refermé sur Cornât, je rage mais je ne me résigne pas, je vais dans la voiture et donne un coup de téléphone à Jako pour chercher du réconfort et je décide d’attendre une bonne demie heure, on sait jamais au cas où…  ..... J’ai bien fait car vers 22h30 comme par miracle le ciel se déchire, je me précipite pour tirer le portrait de la Rosede Caroline.


«  voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »
C’est plus avec le cœur qu’avec les yeux que je fais le croquis, disons que c’est un ressenti, une impression, si un jour vous observez cet amas ouvert, laissez-vous transporter dans l’imaginaire...... Pensez au Petit Prince et vous verrez certainement apparaître une Rose unique dans l’Univers , peut-être même que Mme Caroline Herschel avait rencontré le Petit Prince, va donc savoir….. 


« Mon étoile, ça sera pour toi une des étoiles. Alors, toutes les étoiles, tu aimeras les regarder… Elles seront toutes tes amies. Et puis je vais te faire un cadeau…Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiteraidans l'une d'elles , puisque je rirai dans l'une d'elles , alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire. Et il rit encore.– Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras content de m’avoir connu. Tu seras toujours mon ami. Tu auras envie de rire avec moi. Et tu ouvriras parfois ta fenêtre, comme ça, pour le plaisir… Et tes amis seront bien étonnés de te voir rire en regardant le ciel. Alors tu leur diras : « Oui, les étoiles, ça me fait toujours rire ! » Et ils te croiront fou. Je t’aurai joué un bien vilain tour… Et il rit encore.– Ce sera comme si je t’avais donné, au lieu d’étoiles, des tas de petits grelots qui savent rire… »
Lorsqu'il y a de la turbulence, je les entend rire et plus ça turbule fort plus elles rient de bon coeur, un rire généreux, un rire communicatif, un rire franc et du coup la Lune, Jupiter, Saturne et autres objets sont pris de frénésie et se mettent à danser joyeusement..... Certe, ça fait râler les amateurs d'astronomie mais c'est si bon d'écouter ce concert.

Cette nuit, j'ai été surtout bercé par les cloches des vaches du pré voisin  , mais qu'importe, les étoiles et moi on chuchotte parfois....
J’aime les étoiles, qu’elles soient colorées ou non, simples ou multiples peu importe, je les aimes et elles me le rendent bien, ce sont des lucioles dansant dans le firmament et sans elles, le ciel nocturne serait morne et triste

Partie du dessin que j'ai réalisé au T250 et Nagler de 13mm

Voilà, mon compte-rendu est terminé, je sais il n’est peut-être pas a la hauteur de vos espérances, mais j’ai pris un grand plaisir a le rédiger du plus profond de mon âme.


Dédé de St-Fé

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PS : « Entre parenthèses, en bleu et en italique » extraits de l’œuvre de Antoine de Saint-Exupéry "Le Petit Prince"

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