Bonjour.

Il y a bien longtemps que je n'avais pas posté sur mon blog, il faut dire que la météo n'était pas propice aux observations et en plus j'ai eu de gros soucis avec mon fournisseur internet (du coup j'ai changé de fournisseur).

Donc, voici avec un gros retard, un compte-rendu d'observation qui date de la nuit du samedi 20 au dimanche 21 octobre où j'ai chercher puis dessiné une comète pas si évidente à observer ......

 

C/168/P-Hergenrother

23h20, juste après avoir posté mon dernier message de la soirée sur le forum, je prends mon carnet de notes, je regarde la carte de la trajectoire de la comète que Gérard a pris soin de poster sur Webastro ( Merci Gérard) et vu que je ne peux pas l’imprimer, je fais un rapide schéma de cette carte et je pars d’un pas décidé sur le spot d’observation "Noham’’.

23h55, mon tube est installé, la température est agréable (13,5°C) la Voie Lactée est visible mais très faiblement, l’horizon est quand à lui noyé dans une légère brume de vallée, l’humidité est quasi nulle et il n’y a pas de turbulence
Après avoir mis mon Dobson en station sur Polaris ( c'est-à-dire réglé le chercheur et point rouge ), je me lance presto à la chasse à la comète.
Une chasse à l’affut à l’artillerie lourde , je monte le Hublot (Omégon 38mm) sur Oeil2Tôp et me dirige dans Andromède à la limite avec Pegase, tellement à la limite de ces deux constellations que je me demande encore dans quelle constellation exactement elle se situe.
Le schéma que j’ai fais est grossier, il faut donc que je fouille le secteur et puis tout à coup il me semble voir une petite tâchouille mais minuscule presque ponctuelle est-ce bien ma comète. Je passe au grossissement supérieur avec l’Axiom 23mm…… "Merde alors, c’est pas ça, il s’agit de trois petites étoiles très faiblardes en triangle si proches les unes des autres qu’avec le 38mm je n’arrivais pas à les résoudre !"
Je garde le 23mm et je fouille tout le secteur…….. Rien, que dalle.
Je reprends à zéro en comparant ma carte pourave avec le PSA  « oui mais bien sûr, je me suis trompé d’étoile guide, quel con je fais »

Reprenons du commencement ; je pars de Alphératz qui marque l’angle Nord-est du Carré de Pégase, de là, je repère 78 et 72 Pegasus, la comète doit logiquement se trouver au Nord de 72 Peg en se décalant légèrement à l’Est.

Je souffle un peu, je me fais une petite pause clopinette et je passe toute cette zone au peigne fin un peu comme fait les avions lorsqu’ils sont à la recherche d’un naufragé en mer…..Je pars de 78 Peg, je remonte de 4 champs d’oculaire puis je me déplace d’un champ d’oculaire vers l’Est et redescends de 4 champs et recommence en remontant après m’être à nouveau décalé vers l’Est.....

00h15, une nouvelle tâchouille apparait, très faiblarde mais un peu plus imposante que la précédente, elle semble allongée un peu comme une galaxie vue de ¾ !
Cette fois, j’en suis plus que certain, j’ai sans aucun doute ma visiteuse furtive dans mon tuyau , mais avant de sauter de joie, il faut la confirmer, je pousse à 96x (Nagler de 13) mais avant de changer d’oculaire, je mémorise vite fait le champ d’étoiles environnant et jette un regard rapide dans mon chercheur et au pont rouge au cas où je la perdrait en changeant d’oculaire.
« Yeaaaaaaaaaa, j’ai ma 23 comète ! » Et oui, que de chemin parcouru depuis Hales-Bopp au printemps 1997 !

J'aimerais tant partager ce moment d'intence émotion avec les copains et copines, mais à l'heure qu'il est tout le monde doit dormir, donc mon téléphone rete dans ma poche.
Ahhh si notre Kiwi voyageur serait là avec son 400 et son Nagler de 7, quelle vision de rêve, que de détails supplémentaires j'aurais avec cet apport de  photons.

Elle reste toutefois très faiblarde, il faut rester suffisamment longtemps dessus pour saisir de fuguasses détails dans sa structure, lorsque j’use de la vision périphérique, C/168/P-Hergenrother semble avoir une amorce de queue. J’estime sa magnitude entre mag9 & mag10 quand à sa taille, c’est assez petit, disons pas plus  de 3’ d’arc !
Le champ environnant est superbe, je compte 14 étoiles d’assez bonnes magnitudes dont une belle lignée de quatre étoiles dont la plus proche a une légère teinte jaune au Sud de Hergenrother.
Je pousse à 149x avec mon Nilta de 9mm, mais je perds trop en luminosité, je remonte alors le Nagler de 13 et je décide de lui consacrer un croquis, il est alors tout juste 00h25.

hergenrother



C’est loin d’être évident, je fais plein de ratures, je dois utiliser à fond la vision décalée en me fixant l’étoile jaune au Sud de Hergenrother pour détecter quelques détails très fins sur ce soupir de nébulosité
Petit à petit, d’autres étoiles très faibles font leurs apparitions, par moment, j’ai l’impression que sa queue est plus effilée que sur le   magnifique dessin de NUNKY.

L’heure tourne, le ciel change, un très léger voile nuageux d’altitude emporte dans son sillage le fin voile de tulle de ma comète, je regarde l’heure il est déjà 01h20, heureusement, j’ai eu le temps de finir mon croquis, j’étais en train de le fignoler.
Je suis aux anges, j’ai renoué avec le ciel bien que ce soit pas un ciel d’anthologie putain de merde que ça fait du bien !
Pour clore ma nuitée en beauté, je me farcie quelques grands classiques :
Jupiter à 250x (Nag de 5mm) bien détaillée, j’y compte 3 bandes bien découpée et ses quatre satellites alignés à l’Est.
Je me fait un plaisir au Nagler de 13 sur M42>43
Un regard rapide sans filtre sur la Nébuleuse du Crabe (M1) pas au top !
Puis partant de Zeta Taurus je me décale au Sud-est pour dénicher CS47 (Yc Tau) une carbonée pas trop coloré mais bien pétante et ponctuelle.
Et enfin les amas du Cocher dont M38 avec NGC1907 tous deux visibles dans le champ du 23mm et cerise sur le gâteau, entre ces deux amas ouverts, il y a la variable LY Aur qui avec sa belle teinte jaune-orangé rehausse la beauté de cette vision.
Il est 01h40, la température a chuté à 11,5°C, je suis heureux comme un gamin, je remercie le ciel et mon fidele destroyer Oiel2Tôp et je plie le matos.

Putain, si ça fait du bien de rédiger à nouveau un CROA après des semaines de disette ...............

Merci de m’avoir lu

Dédé